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Abel tasman : guide du parc national
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Abel tasman : guide du parc national

Mis à jour le 7 octobre 20255 min de lecture
Le parc national Abel Tasman, situé sur l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, est un véritable joyau naturel qui attire chaque année des milliers de visiteurs. Avec ses plages dorées,…

PARTIE 1 : LE TERRAIN – COMPRENDRE ABEL TASMAN

Histoire et Géographie : Plus qu'un joli décor

Origines et Création du Parc : Le poids d'un nom

Oubliez les parcs créés pour le simple tourisme. Abel Tasman, c'est une histoire de confrontation. 1942, le monde est en guerre, et la Nouzelle-Zélande décide de créer ce parc. Un symbole fort. Ils le nomment Abel Tasman, l'explorateur hollandais qui a jeté l'ancre ici en 1642. Son premier contact avec les Māori locaux (Ngāti Tumatakokiri) s'est soldé par un échec sanglant. Ce parc, c'est la réconciliation, la préservation d'une terre qui a vu naître et se heurter les civilisations.

Le parc fait 225 km². Petit, oui, mais chaque centimètre carré est intensément exploitable. C'est la plus petite réserve naturelle du pays, mais son sentier côtier est une star mondiale.

Géographie et Climat : Le cahier des charges du baroudeur

On ne vient pas ici par hasard. La géographie dicte votre plan d'attaque.

  • Le Littoral : 60 km de côte découpée, une succession de baies abritées (criques de sable doré) et de promontoires granitiques. Les marées sont VOTRE maître. À marée basse, vous tracez votre chemin sur le sable dur. À marée haute, vous escaladez les sentiers escarpés. Se tromper peut vous coûter cher en temps et en énergie.
  • L'Arrière-Pays : Des collines couvertes de forêts de hêtres (podocarpes) et de fougères. Les dénivelés sont modérés (rarement plus de 200-300m d'un coup), mais le terrain est racineux, glissant quand il est humide. C'est un effort constant.
  • Le Climat : Ici, on dit que la région de Tasman bénéficie du microclimat le plus ensoleillé de l'île du Sud. Les étés (déc à fév) sont chauds (20-25°C), les hivers (juin à août) sont doux (10-15°C). Mais c'est un piège. Le temps change vite. Un "nor'wester" (vent du nord-ouest) peut se lever et rendre le kayak infernal. La pluie peut transformer les sentiers en patinoires. Votre sac DOIT être prêt pour les 4 saisons en une journée.

Écosystème et Faune : Les locaux à reconnaître

Vous n'êtes pas seul. La forêt est peuplée de tui et de bellbirds, dont les chants électroniques sont la bande-son du parc. Les wekas, oiseaux incapables de voler, curieux et voleurs, sont vos compagnons de route. Méfiez-vous, ils chapardent la nourriture laissée sans surveillance.

Dans l'eau, c'est le royaume des phoques à fourrure de Nouvelle-Zélande (kekeno). Vous les verrez se prélasser sur les rochers des îles Tonga et Adele. Respectez la distance (20m minimum). Ce sont des animaux sauvages, imprévisibles. Avec de la chance, vous apercevrez un dauphin Hector, l'un des plus rares au monde. Les orques passent parfois au large. C'est leur territoire, vous n'êtes qu'un invité.


PARTIE 2 : LA LOGISTIQUE DU BAROUDEUR – ANTICIPER OU SUBIR

Quand y aller ? Choisir son camp de bataille

Il n'y a pas de mauvaise saison, que des expériences différentes.

  • Haute Saison (Décembre - Février) : L'été kiwi. C'est la cohue. Les huttes et campings sont bondés, les kayaks se suivent à la queue leu leu. L'ambiance est sociale, festive. Mais pour le baroudeur en quête de solitude, c'est l'enfer. Si vous venez à cette période, réservez TOUT 6 à 9 mois à l'avance. Point final.
  • Saison Intermédiaire (Mars - Avril & Septembre - Novembre) : Le sweet spot. Les températures sont encore douces, les foues ont diminué. Les nuits sont fraîches mais le ciel est souvent dégagé. C'est la période idéale pour allier beau temps et tranquillité. La réservation reste obligatoire, mais avec un peu plus de souplesse.
  • Basse Saison (Mai - Août) : L'aventure sauvage. Les jours sont courts, les nuits froides. Une tempête peut vous clouer sur place pendant 48h. Mais les paysages sont d'une beauté dramatique, les sentiers sont vides, et l'expérience est authentique. Vous affronterez les éléments. Pour les plus aguerris seulement.

Budget : Le coût de la liberté

Soyons francs. La Nouvelle-Zélande est chère. Abel Tasman ne déroge pas à la règle.

  • Transport :
    • Navette maritime aller-retour depuis Kaiteriteri ou Marahau : 50-70 NZD.
    • Location kayak de mer pour 1 journée : 90-120 NZD.
    • Tips du baroudeur : Les "Water Taxis" proposent des formules "Drop-off / Pick-up". Payez pour vous faire déposer au nord du parc (Totaranui, Wainui) et marchez vers le sud. Les navettes terrestres pour revenir à votre point de départ sont moins chères que les water taxis.
  • Hébergement (par nuit) :
    • Huts DOC (Grands dortoirs, gaz, eau) : 36 à 45 NZD/pers. RESERVATION OBLIGATOIRE.
    • Campings DOC (Emplacements basiques) : 15 à 21 NZD/pers. RESERVATION OBLIGATOIRE.
    • Campings privés (plus de confort) : 25-50 NZD/pers.
    • Tips du baroudeur : Les "Huts" sont spartiates mais chaleureuses. Amenez un bon sac de couchage, même en été. Les campings "Freedom" (gratuits) n'existent pas dans le parc. Toute nuit sauvage est interdite et sévèrement réprimandée.
  • Nourriture : Comptez 40-60 NZD/jour si vous achetez votre nourriture dans un supermarché (Pakis à Nelson ou Countdown à Motueka) avant d'entrer. À l'intérieur du parc, il n'y a rien à acheter. Zero.
  • Budget journalier minimaliste (rando, camping, nourriture maison) : 60-80 NZD/jour.
  • Budget journalier confort (kayak, huts, activités guidées) : 150-250 NZD/jour.

Se préparer : Le kit de survie

Votre équipement est votre meilleur allié.

  • Le Sac : 40-50L max. Vous n'avez pas besoin de plus. Privilégiez la légèreté.
  • Chaussures : Débat de fond. Les puristes diront boots de randonnée pour le terrain technique. Les locaux font souvent le Coast Track en trail running shoes. Elles sèchent plus vite après les franchissements de marées. À vous de voir. Mais dans les deux cas, PRÉVOYEZ DES SANDALES DE MARÉE (type Teva/Chaco). Indispensables pour traverser les estuaires et marcher sur la plage.
  • Tente : Même si vous dormez en hut, une tente légère (type 1-2 kg) peut être un plan B salvateur en cas de problème.
  • Gourde et Filtre : L'eau des ruisseaux est généralement potable, mais un filtre (Sawyer Mini, 50€) ou des pastilles purifiantes éliminent tout risque de giardiase.
  • Communication : Réception téléphonique quasi nulle. Une balise de détresse (PLB) ou un dispositif de communication satellite (Garmin InReach) est une assurance-vie pour toute aventure en NZ. On ne part pas sans.
  • Nourriture : Du déshydraté, des barres, du muesli, du café soluble. Léger et calorique.

PARTIE 3 : L'ACTION – ITINÉRAIRES ET ACTIVITÉS SANS CONCESSION

Le Coast Track : La légende en 3-5 jours

C'est l'un des 10 "Great Walks" de NZ. 60km de beauté brute.

  • Jour 1 : Marahau à Anchorage (12.4 km, 4h). Le départ. Vous passez la "Marahau Estuary" à marée basse. Premier contact avec les marais. La forêt est jeune, les vues se méritent. Anchorage est une grande baie magnifique, souvent bondée.
  • Jour 2 : Anchorage à Bark Bay (11.3 km, 4h). La section la plus technique. La montée vers le "Sandfly Point" (ne riez pas, le nom est mérité) est raide, puis la descente vers l'incroyable Torrent Bay. Option : couper par la plage à marée basse (gagnez 1h). Bark Bay est un havre de paix.
  • Jour 3 : Bark Bay à Awaroa (13.5 km, 5h). Le jour J. Vous devez IMPÉRATIVEMENT franchir l'Awaroa Inlet à marée basse. Consultez les tableaux des marées ! Le moment de traversée est une fenêtre de 1h30 avant et après la basse mer. Se louper, c'est ajouter 4-5h de détour. Awaroa Lodge est le seul endroit du parc où vous pourrez acheter une bière et un vrai repas (très cher).
  • Jour 4 : Awaroa à Totaranui (5.5 km, 2h). Court mais intense. La montée depuis Awaroa est raide, la descente sur Totaranui, vertigineuse. Totaranui est un camping immense, avec une plage de sable blond spectaculaire.
  • Jour 5 : Totaranui à Wainui (11 km, 4h). La partie la plus sauvage et la moins fréquentée du track. Des collines, des vues à couper le souffle sur l'océan, et un sentiment d'accomplissement en arrivant à Wainui.

Le Kayak de Mer : La liberté totale

C'est l'autre façon, peut-être la meilleure, de découvrir le parc.

  • Autonomie vs Guidé :
    • Guidé : 200-250 NZD/jour. On vous mène, on vous nourrit, on vous explique. Confort et sécurité.
    • Autonome : 90-120 NZD/jour. La vraie liberté. Mais vous devez être compétent. Les conditions en mer de Tasman changent vite. Vérifiez la météo marine (forecast.metra.co.nz). Une sortie en autonomie se planifie, on laisse un plan de route à son loueur.
  • Itinéraires :
    • Journée depuis Marahau : Paddle jusqu'à Adele Island, un sanctuaire animalier. Observez les phoques. Comptez 6-7h.
    • Expédition 2-3 jours : Combine kayak et rando. Kayak jusqu'à Anchorage, déposez le kayak, randonnez jusqu'à Bark Bay, récupérez un autre kayak le lendemain. Les loueurs organisent ces "combos". C'est le must.

Les Incontournables Hors des Sentiers Battus

  • Cleopatra's Pool : Une heure de marche depuis Anchorage. Une série de bassins naturels et un toboggan de roche glissante. L'eau est fraîche, mais l'expérience est unique. Allez-y tôt le matin pour éviter la foule.
  • The Pinnacles Lookout : Une bifurcation depuis le Coast Track entre Torrent Bay et Bark Bay. Une grimpette raide de 30 minutes récompensée par une vue à 360° sur l'ensemble du parc. Obligatoire.
  • Separation Point : Au nord de Totaranui. Un phare, des rochers noirs et blancs (du marbre), et une colonie de phoques. L'endroit le plus "bout du monde" du parc.
  • Adele Island : En kayak uniquement. Un sanctuaire où les oiseaux nicheurs sont rois. Le silence n'est brisé que par leurs cris. Magique.

PARTIE 4 : SUR LE TERRAIN – CONSEILS DE PRO ET ANECDOTES CRUES

Conseils de Survie

  1. Les Sandflies (moucherons piqueurs) : La vraie plaie d'Abel Tasman. Ils sont vicieux, surtout au crépuscule et près des estuaires. Un bon répulsif (type Bushman) est NON NÉGOCIABLE. Évitez de vous arrêter trop longtemps.
  2. Les Marées : Votre bible. Achetez la carte du parc au Visitor Centre, les horaires des marées pour les estuaires (Awaroa, Torrent) y sont imprimés. Ne tentez pas le diable.
  3. L'Eau : Remplissez vos gourdes à chaque ruisseau. Ça évite de porter 3L sur le dos. Mais filtrez-la.
  4. Le Poids : Un sac lourd est un supplice. N'emportez que l'essentiel. Pesez chaque objet. Votre dos vous remerciera.
  5. Respect du "Leave No Trace" : On emporte TOUS ses déchets. Même les épluchures de pommes. On campe uniquement sur les sites désignés. On respecte la faune. C'est une question d'éthique.

Anecdotes de Terrain

  • L'Histoire du Frenchman : Un randonneur français, sûr de lui, avait décidé de traverser l'Awaroa Inlet à marée montante, "pour gagner du temps". Résultat : il s'est retrouvé bloqué sur un banc de sable, l'eau lui arrivant à la poitrine. Il a fallu l'intervention d'un water taxi de passage pour le récupérer. Facture : 150 NZD. La honte en prime. Moralité : l'océan ne négocie pas.
  • Le Voleur de Bark Bay : Un weka particulièrement déterminé a réussi à ouvrir le sac d'un campeur et à lui voler un sachet de noix de cajou, son dîner. Le campeur a passé sa soirée à regarder l'oiseau, impassible, déguster son butin à 10 mètres de lui. Moralité : rien n'est à l'abri. Fermez vos sacs à clé ou sous votre tente.
  • La Nuit en Hutte : C'est une expérience sociale incroyable. Vous y croiserez des kiwis de 70 ans qui font le track pour la 10e fois, des allemands ultra-équipés, des backpackers qui cuisinent des pâtes. Les conversations, au coin du poêle à gaz, sont souvent les meilleurs souvenirs du voyage.

PARTIE 5 : AVANT / APRÈS – LES ESCALES OBLIGÉES

Nelson : La base arrière

Ne vous contentez pas de passer. Nelson est la capitale artistique de la région. C'est aussi le point de ravitaillement ultime.

  • Où dormir : "The Bug Backpackers" pour l'ambiance, "Trampers Rest" pour les puristes de la rando.
  • Où manger : Le marché fermier du samedi matin pour faire le plein de produits locaux. "Burger Culture" pour une orgie de viande après le trail.
  • À faire : Acheter son gaz (les cartouches sont interdites dans les avions), faire sa dernière lessive, visiter les brasseries locales (McCashin's).

Kaiteriteri et Marahau : Les portes d'entrée

  • Kaiteriteri : Plus touristique, belle plage, départ des principaux water taxis.
  • Marahau : Plus "gateway to the park", ambiance plus roots, départ des randonneurs et des kayaks. C'est ici que vous sentez que l'aventure commence.

Les Perles aux Alentours

Si vous avez du temps, ne manquez pas :

  • Farewell Spit : Une langue de sable de 35km, sanctuaire d'oiseaux migrateurs. Visite guidée obligatoire.
  • Les Braeburn Walk (Kahurangi National Park) : Pour les vrais baroudeurs. Un trek plus alpin, plus engagé, dans l'arrière-pays. L'antithèse d'Abel Tasman.

Conclusion de Baroudeur :

Abel Tasman n'est pas un parc où l'on vient pour être seul au monde. C'est un parc où l'on vient pour affronter des éléments simples mais fondamentaux : la marée, le vent, la pente, le poids sur son dos. Sa beauté est évidente, presque trop facile sur les photos. Mais son âme, elle, se mérite. Elle se trouve dans la brûlure du soleil sur la peau, la fraîcheur de l'eau après une longue marche, la satisfaction de franchir un estuaire au bon moment, et le partage d'un repas simple dans une hutte, avec des inconnus qui, pour une nuit, deviennent des compagnons d'armes.

Alors, préparez-vous. Pas pour des selfies, mais pour une expérience. Le parc Abel Tasman vous attend. Mais il ne fera pas de cadeau.

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