Salut les baroudeurs ! Alors, San Francisco... j'y ai traîné mes guêtres pas mal de fois, et chaque fois cette ville me surprend un peu plus. Oubliez l'image carte postale, SF c'est 50 quartiers avec 50 ambiances différentes, et c'est ça qui la rend géniale. Entre les collines qui te défoncent les mollets, le brouillard qui débarque sans prévenir et ces maisons victoriennes toutes mignonnes, préparez-vous à une expérience unique. Je vous raconte tout sans filtre.
Avant de se lancer : le kit de survie du baroudeur
Quand y aller ? La question qui tue
Les micro-saisons de la Baie
San Francisco possède son propre microclimat, souvent indépendant du reste de la Californie. La ville connaît en réalité deux saisons principales : la saison sèche (mai-octobre) et la saison humide (novembre-avril), mais avec des particularités qui surprennent toujours les visiteurs.
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Top période : septembre-novembre - L'été indien, les touristes sont partis, le brouillard se calme, et les températures sont nickel (18-22°C). Parfait pour marcher sans crever de chaud. Les vendanges dans la Napa Valley battent leur plein, et l'air est exceptionnellement clair.
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À éviter : juin-août - Sérieux, c'est l'arnaque totale. Tout le monde croit à l'été californien, mais en réalité c'est la saison du brouillard (le "Karl" comme ils l'appellent ici) et il fait souvent 15°C à peine. J'ai déjà grelotté en juillet sur Fisherman's Wharf, c'est vous dire. Les températures peuvent chuter de 10°C en seulement 30 minutes lorsque le brouillard arrive.
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Hors saison : décembre-mars - C'est moins cher, mais prévoyez la Gore-Tex. Il pleut pour de vrai (environ 70% des précipitations annuelles), mais au moins y'a moins de monde. Les hôtels affichent des tarifs jusqu'à 40% moins chers qu'en haute saison.
Les événements saisonniers à ne pas manquer
- Février : Le festival des fleurs d'abricotier dans Chinatown
- Avril : Cherry Blossom Festival à Japantown
- Juin : Pride Parade dans Castro (la plus grande de la côte ouest)
- Octobre : Fleet Week avec les spectacles aériens des Blue Angels
Combien ça coûte ? La douche froide
San Fran, c'est New York version ouest : cher. Comptez large si vous voulez pas vous ruiner. Selon une étude récente, SF se classe parmi les 5 villes les plus chères des États-Unis pour les touristes.
Budget détaillé 3 jours (par personne) :
Hébergement :
- Dortoir en auberge de jeunesse : 35-60€/nuit
- Hôtel 3 étoiles correct : 150-250€/nuit
- Appartement Airbnb : 120-200€/nuit (mais vérifiez les frais de ménage)
- Le bon plan ? Oakland (accessible par BART en 15min) ou les quartiers excentrés type Sunset. Si vous cherchez un contraste total au niveau du climat et des tarifs, jetez un œil à notre sélection des meilleurs hôtels de miami pour une expérience complètement différente.
Transport :
- Pass Muni 3 jours : 35$ (illimité bus et cable cars)
- BART depuis l'aéroport : 10$ environ
- Location vélo pour la journée : 30-40$
Nourriture et boissons :
- Petit-déjeuner café + viennoiserie : 8-12$
- Déjeuner dans un food truck/taqueria : 12-18$
- Dîner au restaurant (sans alcool) : 25-50$
- Pint de bière artisanale : 7-10$
Activités :
- Musées principaux : 20-35$ chacun
- Alcatraz (réservation obligatoire) : 45-50$
- Locations diverses : compter 50-100$/jour
Se déplacer comme un local : transports et astuces
Le système de transport en détail
San Francisco possède l'un des réseaux de transport les plus complexes et fascinants des États-Unis, avec pas moins de 7 systèmes différents !
Muni : Le réseau principal de bus et de tramways. Le pass 1 jour à 5$ est économique si vous prévoyez plus de 2 trajets.
Cable Cars : L'icône touristique. 8$ par trajet, mais l'expérience vaut le coup au moins une fois. Les lignes Powell-Hyde et California Street sont les plus pittoresques.
BART : Idéal pour relier l'aéroport, Oakland, Berkeley et les quartiers sud de Market Street.
Vélo : La ville devient de plus en plus cyclable avec 463 km de pistes cyclables. Bay Wheels (vélos en libre-service) propose des passes journée à 15$.
Mes quartiers coup de cœur : du tourist-friendly au local
1. Union Square : Le cœur commercial (et un peu impersonnel)
Le bon plan shopping
Avec ses 300 000 m² d'espaces commerciaux, Union Square représente le véritable centre-ville shopping de San Francisco. Oui c'est touristique, mais pour du shopping sérieux, c'est là. Macy's, Saks... les classiques. Mon tip : dirigez-vous vers Westfield San Francisco Centre pour plus de choix (plus de 200 boutiques sur 9 niveaux), et surtout, Maiden Lane, cette petite rue piétonne à deux pas, avec des boutiques cools et une architecture sympa.
L'architecture et l'histoire méconnue
Saviez-vous que Union Square tient son nom des rassemblements de soutien à l'Union pendant la Guerre de Sécession ? Le monument de la victoire de 27 mètres de haut au centre commémore la victoire de l'amiral Dewey lors de la bataille de Manille en 1898.
Où souffler ?
Évitez les restaus sur Powell Street, overpriced et moyens. Marchez 5min vers The Hall sur 1st Street : food hall avec de la bouffe de qualité et ambiance décontractée. Bières artisanales à 7-9$, plats à 12-16$. Pour une expérience plus locale, le Tenderloin voisin (avec prudence le soir) offre des restaurants ethniques authentiques à prix raisonnables.
2. Fisherman's Wharf : Le carton postale vivant
Les incontournables (et les pièges)
- Pier 39 : Oui, c'est kitsch avec ses 110 boutiques et restaurants, mais les otaries sont gratuites et marrantes à observer (elles ont élu domicile ici depuis 1990). Par contre, mangez ailleurs.
- Musée mécanique : 15€, collection incroyable de plus de 300 jeux d'arcade anciens (dès 1900). Fun garanti même par mauvais temps.
- Boudin Bakery : La mère de la sourdough bread depuis 1849. Goûtez le clam chowder dans un pain (9$), c'est bon et typique. Le musée de la boulangerie attenant est gratuit et fascinant.
Échapper aux touristes
Au lieu de rester sur l'axe principal, filez vers Hyde Street Pier (entrée 15€ incluse dans le Pass Parcs Nationaux). Vous verrez de vrais bateaux historiques, l'ambiance est plus authentique. Le Musée maritime gratuit retrace l'histoire navale de la ville.
Les secrets historiques du front de mer
Le quartier était à l'origine le territoire des pêcheurs italiens qui dominaient l'industrie de la pêche au crabe et aux crevettes dans les années 1800. Aujourd'hui, seuls quelques pêcheurs traditionnels subsistent, mais l'héritage culinaire perdure.
3. The Mission : L'âme latino et hipster
La street art à couper le souffle
Balmy Alley (depuis 1971) et Clarion Alley (depuis 1992) sont des galeries à ciel ouvert, témoins des luttes sociales et de la créativité du quartier. Gratuit, et bien plus impressionnant que beaucoup de musées. Plus de 600 murales ornent les murs du quartier, faisant de la Mission l'un des plus grands musées de street art en plein air au monde.
L'héritage latino-américain
Fondée comme mission espagnole en 1776, le quartier a accueilli des vagues successives d'immigrants mexicains, salvadoriens et guatémaltèques. Aujourd'hui encore, 59% de la population est hispanique, et l'espagnol est aussi parlé que l'anglais.
Où manger (vraiment) bien ?
- Taquería El Farolito : Le meilleur burrito de SF selon les locaux. 10-12$, monstrueux et délicieux. Préférez l'original sur Mission Street ouvert jusqu'à 3h du matin.
- Bi-Rite Creamery : Glace artisanale, des queues de ouf mais ça vaut le coup. 5$ la boule. Leurs saveurs saisonnières comme le miel de lavande sont légendaires.
- Dolores Park : Achetez votre bouffe à emporter et allez vous installer dans le parc. La vue sur downtown est incroyable, l'ambiance est détendue (et un peu "fumée" certains soirs, c'est SF quoi). Le week-end, c'est le rendez-vous de toute la ville.
4. Haight-Ashbury : Le trip hippie historique
Plongée dans les années 60
C'est ici que le "Summer of Love" a débuté en 1967, attirant plus de 100 000 jeunes. Les Grateful Dead, Janis Joplin et Jefferson Airplane y vivaient. Aujourd'hui, c'est un mélange de boutiques vintage, de fringues neuves "hippie chic" et de vieux babas. L'ambiance est toujours cool.
L'architecture victorienne préservée
Le quartier compte la plus forte concentration de maisons victoriennes de la ville, notamment les célèbres "Painted Ladies" de Postcard Row. La plupart ont été construites entre 1890 et 1900 et ont miraculeusement survécu au tremblement de terre de 1906.
Mes adresses :
- Amoeba Music : Le plus grand magasin de disques indépendant du monde avec plus de 100 000 vinyles. Même si vous achetez rien, allez y faire un tour, l'endroit est mythique.
- The Red Victorian : Ancien hôtel/centre culturel emblématique (malheureusement fermé actuellement, mais la façade vaut le coup d'œil).
5. Castro : Le quartier LGBTQ+ historique
Berceau des droits LGBTQ+
C'est ici qu'Harvey Milk, premier homme politique ouvertement gay élu en Californie, a ouvert sa boutique et mené son combat avant son assassinat en 1978. Le quartier a été le premier au monde à voler officiellement le drapeau rainbow en 1978.
Même si vous n'êtes pas de la communauté, allez y faire un tour. L'énergie est incroyable, les couleurs partout, et l'histoire est palpable.
À ne pas manquer :
- Castro Theatre : Un cinéma de 1922 sublime de style Spanish Colonial. Allez voir une séance, ne serait-ce que pour l'orgue Wurlitzer avant le film.
- Le drapeau rainbow géant : Au croisement de Castro et Market. Photo obligatoire.
- Harvey Milk Plaza : Avec une exposition permanente sur la vie du militant.
6. Chinatown : Le dépaysement total
Plus qu'un quartier, un voyage
Avec ses 24 pâtés de maison, c'est la plus grande Chinatown hors d'Asie et la plus ancienne d'Amérique du Nord (fondée en 1848). N'allez pas que sur Grant Avenue (très touristique), explorez Stockton Street : là, c'est le vrai marché avec les locaux, les poissons vivants, les herbes médicinales... l'ambiance est folle.
Les secrets architecturaux
La Porte Dragon sur Grant Avenue et Bush Street a été offerte par Taïwan en 1969. Les toits recourbés et les façades rouge et vert sont un mélange unique d'architecture chinoise traditionnelle et d'influences victoriennes.
Où manger ? Évitez les restaus avec des photos des plats. Préférez Good Mong Kok Bakery pour des dim sum à emporter (3$ la pièce) ou Z & Y Restaurant pour une Szechuan qui pique vraiment (comptez 20-25$/pers). Le Tea Garden du Golden Gate Park a été offert par la communauté chinoise en 1894.
7. North Beach : La petite Italie et l'héritage beatnik
L'italie en version californienne
Entre Chinatown et Fisherman's Wharf, ce quartier en pente est un de mes préférés. Dans les années 1950, 90% des résidents étaient d'origine italienne. Aujourd'hui, il reste une forte influence avec ses cafés, pâtisseries et restaurants authentiques.
Le berceau de la contre-culture
North Beach a été l'épicentre du mouvement Beat dans les années 1950. Jack Kerouac, Allen Ginsberg et Lawrence Ferlinghetti y ont créé un nouveau mouvement littéraire qui a influencé toute une génération.
Mes spots :
- City Lights Books : Librairie historique des écrivains Beat fondée en 1953. Un lieu de pèlerinage littéraire qui a publié le célèbre "Howl" d'Allen Ginsberg.
- Washington Square Park : Le parc des locaux. Installez-vous sur un banc avec un café de Caffe Trieste (le plus ancien de SF, ouvert en 1956) et observez la vie.
- Tony's Pizza Napoletana : Le mec a gagné 13 championnats du monde de pizza. Ça vaut la queue (15-20min). Pizzas 20-30$.
8. Pacific Heights & Japantown : Les millionnaires et la culture japonaise
Pacific Heights : le rêve américain
Avec des maisons valant jusqu'à 40 millions de dollars, c'est le quartier le plus huppé de San Francisco. Allez vous promener sur Fillmore Street entre Jackson et Sacramento. Les maisons victoriennes sont de ouf, et certaines valent des dizaines de millions. La vue depuis Lafayette Park est sublime.
L'architecture des "Big Four"
Les magnats du chemin de fer du 19ème siècle (Stanford, Hopkins, Huntington, Crocker) y ont construit leurs manoirs, dont certains subsistent encore aujourd'hui.
Japantown : un voyage au Japon
Fondé après le tremblement de terre de 1906, c'est l'un des trois seuls Japantown authentiques restant aux États-Unis. Le Japan Center (ouvert en 1968) est un peu daté, mais c'est le cœur du quartier. Allez-y pendant le Cherry Blossom Festival en avril (qui attire 220 000 visiteurs), ou pour manger un vrai ramen chez Marufuku (prévoyez d'attendre, c'est hyper couru).
9. SoMa (South of Market) : Le quartier qui change à vue d'œil
Des entrepôts à la tech
Ancienne zone industrielle, SoMa abrite aujourd'hui le siège de Twitter, Salesforce et autres géants de la tech. C'est là que se trouvent la plupart des musées modernes :
- SFMOMA : 25€, 7 étages dédiés à l'art moderne et contemporain avec plus de 33 000 œuvres. Si vous aimez l'art contemporain, c'est un must.
- Exploratorium : 35€, 600 expositions interactives sur la science, génial pour les enfants (et les adultes curieux).
L'évolution urbaine controversée
La gentrification a transformé le quartier, faisant passer le prix moyen du m² de 4 000$ en 2000 à plus de 12 000$ aujourd'hui. Les anciens entrepôts deviennent des lofts de luxe, poussant les artistes et les communautés historiques à quitter le quartier.
Les nuits à SoMa
Beaucoup de clubs et de bars, mais l'ambiance peut être inégale. Renseignez-vous sur les événements. Le 1015 Folsom est une institution de la scène électronique depuis 1983.
10. Alamo Square & les Painted Ladies
L'icône photographique
C'est le parc d'où vous avez LA photo des Painted Ladies (les maisons colorées de Steiner Street) avec downtown derrière. Ces maisons victoriennes et édouardiennes ont été construites entre 1892 et 1896. C'est beau, c'est vrai. Allez-y pour le pique-nique du soir. C'est gratuit et magique au coucher de soleil.
Au-delà de la photo
Le quartier résidentiel alentour mérite l'exploration avec ses rues tranquilles et son mélange architectural étonnant. La Divisadero Street voisine offre des restaurants et cafés branchés moins touristiques.
Les expériences authentiques (hors des sentiers battus)
1. Découvrir les "Hidden Stairways"
SF est pleine d'escaliers secrets qui grimpent



