Salut les baroudeurs ! Si tu lis ces lignes, c'est que toi aussi, le Fish River Canyon te fait de l'œil. Ce canyon, c'est mon plus beau souvenir de trek en Afrique. Imagine : 160 km de paysages lunaires, des falaises qui te coupent le souffle et une sensation d'être le dernier homme sur Terre. Je l'ai fait en 2019, et je vais te donner toutes les clés pour que ton aventure soit aussi incroyable que la mienne, sans les galères inutiles. Prépare-toi, on entre dans le vif du sujet.
Fish River Canyon : Le canyon qui te remet à ta place
Le Fish River Canyon, c'est le deuxième plus grand canyon du monde, niché dans le sud sauvage de la Namibie. Ce n'est pas une balade dominicale, c'est une expérience qui te marque. Pendant 4 à 5 jours, tu vas marcher dans le lit d'une rivière asséchée une bonne partie de l'année, entouré de parois qui culminent à plus de 500 mètres. L'atmosphère est minérale, silencieuse, presque mystique. C'est un trek exigeant, mais chaque goutte de sueur est récompensée par des paysages à couper le souffle. Ici, pas de réseau, pas de confort superflu, juste toi, ton sac et des paysages qui datent de plusieurs millions d'années.
Si cette expérience de randonnée extrême vous séduit, vous serez également fasciné par les autres merveilles naturelles de la région comme le célèbre Etosha : guide du parc national, l'une des plus grandes réserves animalières d'Afrique.
Pourquoi se farcir 85 km de marche ? Le coup de cœur assuré- Des paysages qui te scotchent : La lumière du petit matin qui embrase les parois ocre, les méandres infinis de la rivière, les plaines de quartz qui scintillent... C'est un festival pour les yeux à chaque virage.
- Le défi physique et mental : Ce trek, c'est un vrai test. Tu vas douter, tu vas suer, mais la fierté une fois la dernière étape avalée, c'est indescriptible. Tu repars avec une confiance en toi renouvelée.
- Un bol d'air (très) pur : Oublie le bruit des villes. Ici, le silence est roi, ponctué seulement par le bruit de tes semelles sur les cailloux et le vent dans le canyon. Une vraie déconnexion.
- Une géologie à couper le souffle : Tu marches littéralement sur 500 millions d'années d'histoire de la Terre. Les strates rocheuses racontent une histoire folle, pour peu qu'on s'y intéresse un minimum. Une raison de plus de consulter ce Maroc : guide complet pour un premier voyage pour bien préparer son aventure.
La Namibie regorge d'autres trésors à découvrir après votre trek, comme les impressionnantes Sossusvlei : guide des dunes rouges ou la charmante ville côtière de Swakopmund : guide de la ville côtière.
Avant de se lancer : Le cadre officiel et la logistique
Les infos pratiques de base
Le trek se déroule dans le parc du /Ai-/Ais Richtersveld Transfrontier. La descente officielle fait environ 85 km (et non 160 km, une idée reçue tenace !), du point de vue principal de Hobas jusqu'aux sources chaudes de /Ai-/Ais.
Période d'ouverture : STRICTEMENT du 1er mai au 15 septembre. Pourquoi ? En dehors de cette période, les risques de crues soudaines et les températures infernales (on parle de 50°C à l'ombre, sauf qu'il n'y a pas d'ombre) rendent le trek extrêmement dangereux. Aucune exception.
Le permis : C'est OBLIGATOIRE. Et ça se mérite.
- Prix (2024) : 440 NAD (environ 22 €) par personne + 330 NAD (environ 16 €) de taxe de sauvetage obligatoire. Compte environ 38 € au total.
- Réservation : Il faut s'y prendre MONTHS à l'avance. Les places partent comme des petits pains. La seule façon est de passer par la Namibia Wildlife Resorts (NWR). Je te conseille de checker leur site et de les appeler directement si besoin. Pas de permis, pas de trek. Un point c'est tout.
Le check médical : Ce n'est pas une option. Il faut fournir un certificat médical datant de moins de 40 jours qui atteste de ta condition physique pour ce trek. Un électrocardiogramme de repos est souvent exigé. Ils sont sérieux là-dessus, et c'est pour notre bien.
Pour ceux qui souhaitent explorer d'autres régions désertiques fascinantes, le Damaraland : guide de la région offre des paysages tout aussi époustouflants avec ses formations rocheuses uniques et sa faune adaptée aux conditions arides.
La meilleure saison : Oublie l'improvisation
La fenêtre est courte et précise.
- Mi-mai à fin juin : C'est le TOP. Les températures sont (relativement) clémentes : 20-25°C le jour, mais ça peut descendre en dessous de 0°C la nuit. L'eau est encore assez présente dans les pools, mais commence à se faire rare.
- Juillet et août : C'est la haute saison. Il fait beau, mais les nuits sont très froides. C'est aussi la période la plus fréquentée (enfin, "fréquentée"... on parle de 30 personnes max par jour sur le sentier).
- Septembre : Il commence à faire CHAUD. Très chaud. Mais c'est le moment où les fameux "pools" sont les plus chauds, ce qui est agréable pour la baignade. Par contre, l'eau est plus rare à boire.
Mon conseil : vise juin si tu peux. C'est le meilleur compromis.
Si vous planifiez un voyage plus complet en Afrique australe, découvrez également la magnifique Garden route : guide et itinéraire en Afrique du Sud, qui combine paysages côtiers et aventures en forêt.
Préparer son trek : Du rêve à la réalité du sac à dos
La condition physique : Sois honnête avec toi-même
Ce n'est pas une promenade. C'est un trek engagé en autonomie complète.
- Entraînement : Commence au moins 3 mois avant. Privilégie la rando avec du dénivelé, mais surtout, surtout, fais des sorties avec ton sac CHARGE. 12-15 kg sur le dos, ça change tout. Fais du renforcement musculaire (jambes, dos, abdos) et un peu de cardio (course à pied, vélo).
- Sur place : Tu marcheras 15 à 25 km par jour sur un terrain chaotique : sable, gros galets, rochers... C'est épuisant. Le premier jour, la descente de Hobas est vertigineuse et brutale pour les genoux.
Le matériel : La check-list qui te sauve la mise
J'ai vu des gens avec des équipements neufs et inadaptés galérer. Voici le kit de survie éprouvé :
La panoplie du randonneur heureux :
- Chaussures : Des chaussures de trekking montantes et IMPERMÉABLES. Les modèles basse sont une hérésie à cause du sable et des cailloux. Elles doivent être déjà faites à tes pieds. Oublie les "je les fais à l'usure". J'ai pris des Meindl, ça a été parfait.
- Bâtons de marche : INDISPENSABLES. Ils sauvent les genoux en descente et donnent de la stabilité dans les passages de galets. Prends-les.
- Le sac de couchage : Prends un sac chaud. Je parle d'une comfort à 0°C ou moins. Les nuits dans le canyon sont glaciales, l'humidité te transperce. Un sac léger d'été, c'est la garantie de passer une nuit misérable.
- Le sac à dos : Un 60-70 litres est idéal. Prends-le avec un bon système de ventilation dans le dos.
La trousse de secours SPECIFIQUE :
- Du strapping et une bande élastique (entorse, ampoules)
- Des antalgiques et anti-inflammatoires
- Un désinfectant puissant (Bétadine)
- Des compresses, des pansements ampoules type Compeed (en prendre BEAUCOUP)
- Une pince à épiler (pour les échardes de cactus, oui oui)
- Des pastilles pour purifier l'eau (en plus du filtre, au cas où)
Le kit "confort" vital :
- Une gourde souple de 2L (type Camelbak) : Pour boire en marchant sans s'arrêter.
- Au moins 2 autres contenants de 1,5L : Pour le stockage. Total : 4-5L de capacité.
- Un filtre à eau : Sawyer ou Katadyn. L'eau des pools est boueuse et peut héberger des bestioles. Filtre TOUJOURS. Même si elle a l'air claire.
- Crème solaire indice 50 et stick pour les lèvres : Le soleil tape et le vent assèche.
- Des vêtements techniques : Oublie le coton, il garde l'humidité et te fera frire la nuit. Privilégie la laine mérinos et les synthétiques.
- Un short de bain léger : Pour se laver (avec de l'écobiologique) dans les pools.
Si vous souhaitez découvrir d'autres destinations africaines offrant des expériences de randonnée uniques, le Kenya : guide complet safari et culture propose des treks tout aussi mémorables au pied du Kilimandjaro.
Le budget détaillé : Combien coûte vraiment l'aventure ?
Comptes large, il y a toujours des imprévus.
- Permis et taxes : 770 NAD (~ 38 €)
- Billet d'avion A/R Europe - Windhoek : 700 - 1000 € (varie énormément)
- Location de voiture (obligatoire) : Un 4x4 n'est pas nécessaire pour aller à Hobas, un SUV ou même une berline robuste peut suffire. Compte 400 - 600 € pour 10-12 jours.
- Hébergement avant/après le trek :
- Nuit au Hobas Campsite (avant) : ~ 250 NAD/pers (~12 €)
- Nuit au /Ai-/Ais Resort (après) : Le MUST. Une chambre pour se reposer et un VRAI bain dans les sources chaudes. Compte ~ 1200 NAD/pers pour une chambre double (~60 €). Tu l'as mérité.
- Nourriture et équipement :
- Courses pour le trek (lyophilisés, barres, etc.) : ~ 150 €
- Location de matériel spécifique (filtre, sac de couchage) si besoin : ~ 100 €
- Transfert depuis /Ai-/Ais : C'est LE poste de dépense oublié. Une fois arrivé à /Ai-/Ais, il faut retourner à ta voiture restée à Hobas. Le seul moyen, c'est le shuttle. Compte environ 350 NAD par personne (~17 €). A réserver à l'avance.
Budget total réaliste (hors vol) : Environ 500-700 € par personne. C'est un investissement, mais pour une expérience d'une vie.
Pour ceux qui souhaitent poursuivre leur découverte des paysages africains spectaculaires, la Tanzanie : guide complet safari et plages offre une combinaison parfaite entre aventures en safari et détente balnéaire après l'effort du trek.
Déroulement du trek : Jour par jour dans l'antre du canyon
L'aventure commence par une arrivée à Marrakech, où l'agitation de la ville contraste déjà avec le calme absolu qui nous attend. Après une nuit de repos bien méritée, nous prenons la route en direction du sud, quittant progressivement l'ambiance vibrante de la Marrakech : guide complet de la ville rouge pour les paysages arides du pré-désert.
Jour 1 : Premiers pas dans l'immensité Le premier contact avec le canyon est vertigineux. Nous entamons notre descente par un sentier en lacets, sous le regard impassible des parois ocre. Le contraste entre la chaleur du plateau et la fraîcheur qui monte des gorges est saisissant.
Jour 2 : Au rythme de l'oued Nous suivons le lit asséché de la rivière, serpentant entre d'immenses blocs de pierre. Les traces de vie sont rares, seuls quelques tamaris résistants ponctuent notre marche. La journée se termine par une baignade bienvenue dans une vasque naturelle aux eaux émeraude.
Jour 3 : L'ascension des étoiles Dernière étape et non des moindres : la remontée vers les hauteurs. Le sentier, plus technique, nous récompense par des panoramas à couper le souffle. La nuit en bivouac sous un ciel constellé d'étoiles reste un moment magique, suspendu entre terre et ciel.
J-1 : La descente infernale de Hobas
Réveil tôt. Transfert jusqu'au point de départ. La vue du bord est... intimidante. La descente vers le lit de la rivière est raide, caillouteuse, et dure environ 1h30. C'est un choc. Tes mollets et tes genoux crient. Mais une fois en bas, le sentiment est incroyable : tu y es.
- Distance : ~10 km
- Dénivelé : -500m
- Temps de marche : 3-4h
Le premier campement est souvent près du premier grand pool. Filtre ton eau, monte la tente, et savoure ton premier coucher de soleil dans le canyon. C'est magique.
J-2 : L'adaptation et les premiers méandres
Le réveil est frais. Le soleil met du temps à atteindre le fond du canyon. Tu commences à trouver ton rythme. Le paysage est minéral, désolé, mais d'une beauté rude. C'est le jour où tu commences à comprendre l'échelle des lieux.
- Distance : ~18 km
- Temps de marche : 6-7h
Tips du jour : Marche tôt le matin et en fin d'après-midi. Fais une longue pause à la mi-journée quand le soleil est au zénith. Trempe-toi dans les pools, c'est revigorant.
J-3 : Le cœur du canyon et "Sulphur Spring" et "The Maze"
C'est souvent l'étape la plus spectaculaire. Tu arrives à la zone des sources chaudes (Sulphur Spring). L'odeur de soufre est forte, et l'eau est tiède. Un vrai spa naturel après deux jours de marche. Ensuite, le canyon se resserre dans une section appelée "The Maze" (Le Labyrinthe). La navigation devient plus technique, il faut chercher le meilleur passage.
- Distance : ~22 km
- Temps de marche : 7-8h
Anecdote : C'est ici que j'ai croisé un Oryx, seul au milieu du lit de la rivière. Une image surréaliste. Ils descendent boire et sont bien plus élancés et majestueux qu'on ne l'imagine.
Si vous êtes fasciné par les formations géologiques uniques, vous serez également impressionné par les Les tsingy : guide des formations rocheuses de Madagascar, qui offrent un paysage tout aussi spectaculaire et unique.
J-4 : Les plaines et la fatigue qui s'installe
Le canyon s'élargit, les parois sont moins hautes. Le paysage change, devient plus désertique. La fatigue cumulative se fait sentir. Les ampoules peuvent devenir le centre de ton univers si tu n'as pas bien géré tes chaussures. C'est un jour mental.
- Distance : ~20 km
- Temps de marche : 6-7h
Conseil : C'est le moment de sortir les en-cas de réconfort que tu avais planqués au fond du sac. Une barre de chocolat peut sauver ton moral.
J-5 : L'arrivée à /Ai-/Ais et l'extase
La dernière ligne droite. Tu sens que ça touche à la fin. Le paysage est plus vert, tu croises de plus en plus de végétation. Et soudain, tu aperçois les premiers bâtiments du resort. Une vague de fierté absolue te submerge. La marche est finie.
- Distance : ~15 km
- Temps de marche : 4-



